Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/221

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Il passa légèrement son doigt sur le bout soufré, et il eut la satisfaction de voir briller une faible lueur phosphorescente.

C’était un commencement d’espoir, mais ce premier succès ne suffisait pas à assurer l’éclairage. Une allumette brûle pendant quelques secondes et s’éteint en vous laissant de nouveau dans l’obscurité, si on n’a ni lampe, ni bougie, et il y avait peu d’apparence qu’un de ces luminaires se trouvât dans le caveau.

Georget se dit cependant que les tonneaux qu’il avait touchés de ses mains avaient dû être mis là par un tonnelier et que ce tonnelier, qui certes, ne travaillait pas dans l’obscurité, pouvait bien avoir oublié quelque bout de chandelle.

La chance de découvrir ce rouleau de suif valait bien le sacrifice d’une allumette. Mais sur quoi la frotter ? Le sol était mou, les murs suintaient et les semelles des souliers de l’enfant n’étaient pas sèches, car il avait longtemps marché dans la boue, avant d’arriver à la maison rouge.

Georget, couché à côté de son père, se leva tout doucement, et se mit en marche pour retrouver les barriques.

Il s’arrêta à la première que sa main rencontra, s’assura que le bois n’était pas humide, et racla vivement, avec la pointe de son allumette, la surface d’une douve un peu moins lisse que les autres.

Le phosphore lança de petits éclairs bleuâtres, suivis d’une espèce de bouillonnement du soufre et finalement la bûchette s’enflamma.

Georget éprouva la même sensation de joie qu’un marin égaré qui voit briller un phare, et profita aussitôt de