Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/229

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et à tâtons jusqu’à la paroi qui avait vibré, y colla son oreille, écouta avec une profonde attention et n’entendit plus rien.

Sans réfléchir que sa voix ne porterait pas au delà de cette clôture de pierre, il appela de toutes ses forces, et ses cris ne firent que réveiller son père.

Quel n’eût pas été le désespoir des deux prisonniers, s’ils avaient su que ce bruit sourd était produit par la chute de l’échelle qui avait servi à M. de Menestreau ; que M. de Menestreau était descendu dans la cave au charbon pour tâcher de les retrouver, et que leur protectrice, Camille Monistrol, se tenait dans le corridor, presque au-dessus de leurs têtes, toute prête à les sauver, s’ils vivaient encore.

— Qu’est-ce qu’il y a, petit ? cria Courapied.

— Rien, père !… malheureusement, répondit Georget.

J’avais cru qu’on démolissait le mur pour nous délivrer… je me suis trompé.

— Personne ne pense plus à nous, mon pauvre enfant, soupira le vieux pitre.

— Alors, c’est qu’ils ont tué la demoiselle, car je suis sûr qu’elle ne nous abandonnerait pas.

— Tu crois ça, toi ! Eh bien ! moi je regrette joliment de m’être mis dans le pétrin pour elle… et si j’en sors, j’irai lui dire son fait, à cette princesse qui ne s’inquiète pas des gens qu’elle a conduits à la mort. Est-ce que je la connaissais, moi, quand elle est venue nous chercher sur le champ de foire ? Je ne l’avais jamais tant vue ! Elle dit que Zig-Zag a tué son père… savoir si c’est vrai, seulement !…

— Oh ! père, pourquoi aurait-elle menti ? Elle risquait sa vie comme nous… et ce n’est pas sa faute si le chien vous a entraîné dans le corridor.