Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/233

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Georget l’entendait distinctement, il devait exister une communication entre la galerie où il se trouvait et la surface de la terre.

Le chien qui aboyait ne devait pas être loin de l’orifice du puits, et l’idée que ce chien était peut-être l’horrible Vigoureux, troubla sensiblement la joie de Georget qui se dit :

— Zig-Zag l’aura laissé là pour garder la seule issue du souterrain et pour nous dévorer si nous essayons de sortir. Eh bien, tant pis ! j’aime mieux être mangé par lui que mourir de faim. Mais je ne vois pas le puits, et quand je le verrais, je n’ai rien pour y monter.

Les aboiements avaient déjà cessé, mais Georget, en prêtant l’oreille, entendit au-dessus de sa tête des roulements sourds. Le tonnerre grondait dans le lointain, et l’orage se rapprochait, car les coups devenaient de plus en plus secs et sonores.

Georget, ravi, regardait en l’air, attendant un éclair. L’éclair vint, zébrant le ciel noir, et à sa lueur fugitive Georget entrevit une espèce de tuyau de cheminée qui s’ouvrait dans la voûte et qui arrivait au niveau de la plaine. Il lui parut que ce tuyau était assez étroit pour qu’on pût y grimper en s’arc-boutant aux deux parois comme le font les ramoneurs. Mais il ne commençait qu’à six ou sept pieds du sol de la galerie, et l’enfant était trop petit pour y atteindre.

La découverte de ce chemin du salut n’en était pas moins précieuse, et Georget se promit bien de vaincre les obstacles qui l’empêchaient de s’échapper par là.

Il eut bientôt une nouvelle surprise et une surprise agréable. Il sentit son front mouillé par de grosses gouttes d’eau. Les nuages orageux crevaient et la pluie tombait