Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/234

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avec assez de violence pour arriver jusqu’au caveau par le puits qui ne devait pas être très profond.

De l’eau, c’était un trésor pour Georget qui mourait de soif et il s’empressa de profiter de l’averse pour se désaltérer. Il commença par en recueillir dans le creux de sa main des parcelles qui ne firent qu’humecter sa bouche, puis il songea à employer un moyen plus pratique — le bidon que Courapied remplissait trop souvent d’eau-de-vie.

Il revint sur ses pas, trouva le vase en fer blanc et l’emporta sans réveiller son père.

Quand il arriva sous le bienheureux orifice, la pluie avait tourné au déluge. Il put en quelques minutes remplir et vider deux fois le bidon qui ne tenait guère plus d’une pinte et le remplir encore afin de le rapporter plein à Courapied qui, pour le moment, ne songeait guère à se rafraîchir.

Cette rasade tombée du ciel remit complètement Georget, Il se sentait prêt à tout tenter pour se sauver et pour sauver son père qui avait grand besoin d’être aidé. Mais il ne faisait rien sans réflexion et, sans bouger de la place où il recevait une douche bienfaisante, il essaya de se rendre compte de sa situation et des chances qui lui restaient.

Il s’expliqua d’abord pourquoi il n’avait jamais remarqué ce puits. Le hasard avait fait qu’il n’était venu que la nuit dans la galerie où il s’ouvrait, la nuit et par des temps couverts où les nuages cachaient les étoiles. Il avait fallu qu’un éclair le lui montrât. Mais le jour devait se lever tôt ou tard, selon l’heure qu’il était. Il ne s’agissait que de l’attendre, pour y voir clair, ou à peu près, car le jour n’illumine pas bien vivement l’intérieur des tuyaux de cheminée.