Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/235

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Georget comprit aussi que ce trou ne pouvait servir de passage qu’à des hommes. Il n’était pas assez large pour qu’on y pût introduire des ballots volumineux ou à plus forte raison des barriques. Donc, le souterrain avait une autre issue, et il devait communiquer avec la cave où le père et le fils étaient tombés. Il existait sans doute de ce côté une porte très habilement dissimulée dans la muraille, si habilement qu’il était inutile de la chercher.

Et Zig-Zag la connaissait, puisqu’il l’avait ouverte pour jeter ses victimes dans un cachot plus inaccessible que le premier caveau placé directement sous le corridor.

Zig-Zag était-il associé avec les fraudeurs qui emmagasinaient là leurs marchandises, ou avait-il seulement eu connaissance de ce souterrain abandonné par eux ? Peu importait à Georget, qui ne perdit pas son temps à étudier cette question.

Il fallait sortir par le puits, c’était évident, et il ne s’agissait plus que de préparer l’évasion.

La grande difficulté, c’était d’atteindre l’ouverture percée dans la voûte de la galerie. Courapied, qui était deux fois plus grand que Georget, aurait pu y arriver en sautant, s’accrocher à quelque saillie et grimper tout seul : ou bien encore faire la courte échelle à son fils qui passerait le premier. Mais si on usait de ces procédés, l’un des deux pourrait bien rester en route, et alors le problème ne serait résolu qu’à moitié.

Georget songea à utiliser les barriques comme marchepied. Il avait pu constater que deux ou trois étaient vides, et par conséquent, faciles à rouler. Il résolut de faire seul cette opération préparatoire : Courapied n’était pas en état de l’aider et il suffirait de le réveiller quand l’aube commencerait à poindre.