Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/236

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L’orage s’éloignait et la pluie avait cessé de tomber. Georget rebroussa chemin, portant le bidon plein d’eau, et arriva bientôt à l’endroit où son père reposait toujours sur son lit de jambons. Il posa le vase à portée de la main du dormeur et pour pouvoir travailler plus sûrement, il se décida, un peu à contrecœur, à allumer sa lanterne.

Il ne lui restait plus qu’une allumette et il lui en coûtait de la sacrifier, car si l’évasion manquait, il allait être condamné aux ténèbres à perpétuité. Mais le moment était venu de brûler ses vaisseaux pour jouer une partie suprême.

Il mit donc le feu à la bougie qui était consumée aux trois quarts et, pour y voir plus clair, il laissa ouverte la porte vitrée du falot.

Il retrouva sans peine les fûts vides, qui étaient les premiers de la rangée, en choisit un, celui qui paraissait le plus solide, et se mit à le pousser devant lui, sans déranger Courapied, qui ronflait comme un tuyau d’orgue.

Il eut tôt fait d’amener la barrique sous l’orifice du puits et de la dresser sur champ.

Alors, il leva la tête, et il lui sembla que le ciel était déjà moins noir. Ce n’était pas encore le jour, mais c’était le crépuscule qui commençait.

Dans une demi-heure, l’aurore allait se lever.

Georget, ravi, grimpa sur la barrique pour attendre la lumière du soleil qu’il n’avait pas vue depuis huit jours.

Le lambeau du ciel que Georget apercevait par l’orifice du puits blanchissait à vue d’œil, mais la lumière d’en haut ne descendait pas encore jusqu’au fond du tuyau. Il semblait qu’elle fût tamisée par une clôture à claire-voie et d’ailleurs l’aube naissait à peine.

Georget faisait des vœux ardents pour que le jour qui