Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/237

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allait paraître fût illuminé par un beau soleil de printemps, car un temps nuageux n’aurait pas suffi pour lui montrer les facilités et les difficultés du chemin qu’il voulait prendre pour s’échapper.

L’intrépide gamin, debout sur le fond de la barrique, avait déjà mesuré la distance qui le séparait de la voûte et reconnu que ses bras levés en l’air n’y atteignaient pas. Mais il espérait qu’en sautant il pourrait s’accrocher, pour peu que ses mains rencontrassent un point d’appui.

Et, pour tenter l’expérience, il attendit qu’il fît plus clair.

Le chien n’aboyait plus et tout danger extérieur paraissait écarté, car les rôdeurs de la plaine Saint-Denis rentrent dans leurs tanières à l’heure où les honnêtes ouvriers se lèvent pour aller au travail.

Et il était difficile d’admettre que Zig-Zag se promenait dans ces parages avec Amanda, à la petite pointe du jour. Ils ne pouvaient pas deviner que leurs dernières victimes allaient ressusciter.

Georget se voyait déjà dehors et se demandait :

— Ou irons-nous, quand nous serons sortis de cette vilaine cave ? Chez la demoiselle… s’ils ne l’ont pas tuée. Et qui sait si elle nous recevra ?… si elle nous croira quand nous lui raconterons ce qui nous est arrivé ?… Si elle ne nous accusera pas de nous être entendus avec Zig-Zag ?… et puis, père lui en veut, et il est capable de lui dire des sottises.

À ce moment, la voix de Courapied l’appela par son nom, une voix enrouée, mais qui portait encore très loin, car le vieux pitre avait contracté sur les planches l’habitude de ne pas dire un mot sans crier à tue-tête.

— Me voilà, père ! dit Georget en sautant à terre.