Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/248

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comme le père Gémozac était avant tout un honnête homme, il tenait essentiellement à passer pour tel aux yeux de mademoiselle Monistrol.

Donc, un beau jour, sans consulter sa femme et sans rien dire à son fils, à l’heure où d’habitude il entrait dans son cabinet pour s’occuper de ses affaires, il prévint son principal employé qu’il allait sortir, et il fit, dire d’atteler son coupé.

Il n’avait jamais mis les pieds chez feu Monistrol. Les gros financiers ne se dérangent pas pour les gens qu’ils commanditent, et c’était le pauvre diable d’inventeur qui se déplaçait pour conférer avec le maître de la grande usine du quai de Jemmapes.

Mais Gémozac connaissait, sans l’avoir vue, la maison où son associé était mort si tragiquement. Sa femme et son fils la lui avaient assez souvent décrite, depuis la catastrophe, et il n’était pas fâché de la visiter, car il n’avait jamais pu s’expliquer comment le crime avait été commis. De plus, il doutait très fort que mademoiselle Monistrol fût en sûreté dans cette baraque isolée, et il se proposait d’insister encore pour la décider à déménager le plus tôt possible.

Il partit donc, et dix minutes après, son cocher, qui avait déjà conduit madame Gémozac au boulevard Voltaire, arrêta son cheval devant la clôture en planches qui protégeait très imparfaitement la cour.

Il descendit de voiture, chercha inutilement une sonnette pour s’annoncer, et finit par pousser la barrière à claire-voie qui tenait lieu de porte.

Une fois dans la cour, il examina la maison et il fit la grimace en reconnaissant qu’elle était tout au plus bonne à loger un portier. Du reste, il ne paraissait pas qu’elle fût