Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/249

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habitée, car, à tous les étages, les volets étaient fermés.

Il avança, pensant que le bruit de ses pas attirerait la servante, mais personne ne vint.

— Ah ! ça, murmura-t-il, c’est donc le château de la Belle au bois dormant !

La petite est peut-être sortie. Mais cette fameuse bonne qui la garde si bien, à ce qu’elle dit… où diable est-elle ? Sa jeune maîtresse l’a peut-être emmenée et elle a bien fait, car, jolie comme elle l’est, cette enfant aurait grand tort de circuler dans Paris toute seule.

Il avança encore, et ne sachant par où entrer dans cette maison close, il résolut d’en faire le tour pour trouver la porte.

Instinctivement, il prit à droite et il la découvrit. Mais il fut tout étonné de voir qu’elle n’était pas fermée.

— Diable ! murmura-t-il, il faut que mademoiselle Monistrol soit bien peu soigneuse… laisser son logis à la discrétion du premier venu… après le malheur qui lui est arrivé… c’est vraiment trop fort…

À ce moment, il lui sembla qu’on parlait au premier étage. Il prêta l’oreille et il finit par entendre distinctement deux voix dont une d’homme.

— Oh ! oh ! se dit-il, il paraît que je tombe mal. Le monsieur qui cause là-haut doit être le rival de Julien… le rival préféré… celui que ma femme a failli rencontrer le jour où elle s’est brouillée avec la petite et que mon fils n’a jamais pu apercevoir. Les choses sont plus avancées que je ne pensais puisqu’elle le reçoit en tête-à-tête et je commence à croire que ce pauvre Julien fera bien de se retirer.