Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/250

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Mais je ne serais pas fâché de savoir comment est fait ce prétendant et d’où il sort.

Et il s’engagea bravement dans l’escalier, en ayant soin de heurter les marches avec ses bottes et de tousser très fort.

On l’entendit, car les causeurs se turent immédiatement, et un bruit de fauteuils roulés sur le parquet annonça qu’ils se levaient.

Presque aussitôt mademoiselle Monistrol se montra, habillée comme une femme qui vient de rentrer et qui n’a pas pris le temps d’ôter son chapeau.

— C’est moi, ma chère enfant, cria le père Gémozac. Vous n’attendiez pas ma visite, hein ?

— Non, monsieur, répondit Camille, sans laisser percer aucun embarras, mais vous êtes et vous serez toujours le bienvenu ici.

— Alors, je ne vous dérange pas ?… Il me semble pourtant que vous n’êtes pas seule.

— C’est vrai, mais je serai très heureuse de vous présenter quelqu’un qui vient d’arriver.

Entrez, monsieur, je vous prie.

Gémozac ne se fit pas répéter l’invitation. Il suivit mademoiselle Monistrol dans le salon et il se trouva face à face avec un monsieur qui se tenait debout, le chapeau à la main, et qui lui parut fort bien de sa personne.

La maison n’était pas double ; toutes les pièces avaient des fenêtres sur les deux façades, et du côté opposé au boulevard Voltaire, les persiennes étaient ouvertes, de sorte qu’on y voyait très clair.

— M. Georges de Menestreau, dit Camille en désignant le visiteur arrivé avant M. Gémozac.

À ce nom, le père de Julien fit un haut-le-corps et se