Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/25

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— Eh ! bien, moi, j’y demeure. Voici ma carte et si vous voulez venir m’y demander demain, vous m’y trouverez de midi à deux heures.

— Avec mademoiselle ? dit le sergent de ville, qui avait à l’occasion le mot pour rire.

— J’habite chez mon père, répliqua vertement Camille. S’il faisait jour, vous verriez d’ici la maison… et si vous ne me croyez pas, vous pouvez m’accompagner jusqu’à la porte. Mais vous feriez mieux d’arrêter l’homme qui vient de nous voler vingt mille francs. Il est là, dans cette baraque…

— Bon ! nous verrons çà demain. La troupe ne déménagera pas avant la fin de la foire. Je vais faire mon rapport au brigadier et lui remettre la carte de monsieur.

— Parfaitement, mon brave. Vous lui direz que je me tiens à sa disposition. Rien ne l’empêchera d’ailleurs de se renseigner aussi chez M. Monistrol.

— Au numéro 292 du boulevard Voltaire, ajouta Camille, qui avait retrouvé tout son sang-froid. Mais ne me retenez pas. Mon père a été maltraité par ce misérable, et, en supposant qu’il ne soit pas blessé, il doit être inquiet de moi…

— Après tout, murmura le sergent de ville, vous n’avez pas fait grand mal, puisqu’il n’y a pas eu de batterie. Rentrez chez vous, mademoiselle, et ne recommencez plus.

— Merci, mon brave, dit Gémozac, et comptez sur moi. Si votre frère est bon ouvrier, on le fera passer contremaître. Prenez mon bras, mademoiselle.

Camille ne se fit pas prier. Elle voyait maintenant le danger qu’elle avait couru, elle sentait qu’elle avait eu