Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/252

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proposais d’aller très prochainement vous voir chez vous.

— Puis-je savoir pourquoi ?

— Pour vous demander non pas de m’accorder la main de mademoiselle Monistrol, puisque vous n’êtes ni son parent ni son tuteur, mais d’approuver notre mariage. Je dois bien cet acte de déférence à l’homme généreux qui a commandité son père et qui est resté son ami, son protecteur…

Gémozac interrogea des yeux Camille qui lui dit aussitôt :

— C’est moi, monsieur, qui ai conseillé à M. de Menestreau de faire auprès de vous une démarche respectueuse, et puisque le hasard nous rassemble ici, permettez-moi d’aborder un sujet délicat. Monsieur votre fils vous a parlé, sans doute, d’un projet qu’il avait formé et qui m’honore infiniment.

— Oui, parbleu ! et je n’y ai pas fait la moindre objection. Sa mère s’en est un peu effarouchée, mais elle s’y serait ralliée… et je ne vous cacherai pas qu’en épousant M. de Menestreau vous mettrez mon fils au désespoir.

Mais vous êtes libre, ma chère Camille, et je n’ai pas le droit de vous blâmer de suivre votre inclination. Je suis même venu aujourd’hui tout exprès pour vous offrir de vous faire émanciper, et je vais m’occuper de régler nos intérêts communs, de telle sorte que vous pourrez disposer de vos revenus comme vous l’entendrez. Votre compte dans ma maison sera arrêté tous les ans ou tous les six mois, comme vous voudrez, et vous n’aurez avec moi et les miens que les relations qu’il vous plaira d’avoir.

— Les plus affectueuses, après comme avant, s’écria la jeune fille, et puisque vous approuvez le choix que j’ai fait…