Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/254

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Mais… il me semblait que vous aviez juré de n’épouser que l’homme qui retrouverait l’assassin de votre père ?… Je sais bien que Julien n’a pas rempli les conditions du programme… M. de Menestreau a sans doute été plus heureux ?… L’assassin est arrêté, ou va l’être ?

— Hélas ! non. Je crains même qu’il ne le soit jamais ; M. de Menestreau a fait tout ce qu’il a pu… il n’a pas réussi… mais il m’a sauvé la vie…

— En vérité ?… oh ! alors ! je comprends que vous teniez à le récompenser… Quoi ! votre vie a couru des dangers ? Est-ce que l’homme qui a tué votre père a essayé de vous tuer aussi ?…

— Pas comme vous l’entendez. J’ai appris qu’il se cachait dans une maison en ruines… en pleine campagne, au delà de la porte de Saint-Ouen.

— C’est sans doute M. de Menestreau qui vous a fourni ce précieux renseignement ?

— Non ; c’est un pauvre saltimbanque… de la même troupe que Zig-Zag… l’histoire serait très longue à vous raconter en détail… Je suis partie la nuit avec ce saltimbanque et son fils… Ils ne sont pas revenus, eux…

— Quoi ! Zig-Zag les a exterminés ? Quel tueur d’hommes !

— Je ne sais… ils ont disparu, ils sont tombés dans une trappe ouverte au milieu du corridor de cette maison… et j’ai failli partager leur sort… j’ai pu l’éviter et m’enfuir, mais au milieu de cette plaine déserte, j’ai été attaquée par deux de ces misérables qui rôdent près des barrières de Paris… ils me tenaient, et Dieu sait ce qu’ils auraient fait de moi, si M. de Menestreau n’était pas venu à mon secours, au péril de sa vie… il m’a arrachée de leurs mains.