Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/259

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Mais je ne partirai pas avant d’avoir su à quoi m’en tenir sur l’étrange événement que M. Gémozac vient de nous apprendre.

— Quoi ! vous vous préoccupez encore de ce canard éclos dans le cerveau d’un journaliste à court de nouvelles ?

— Comment ne m’en préoccuperais-je pas ! quelque chose me dit que l’enfant sauvé du désastre, c’est le fils de l’ennemi de Zig-Zag ; c’est ce Georget dont je vous ai si souvent parlé… je n’ai jamais voulu croire qu’il m’ait trahie.

— Je ne partage pas votre confiance, ma chère Camille ; mais, quoi qu’il en soit de la fidélité de ce petit drôle, soyez sûre que si c’était lui qui a sauté en l’air, il n’aurait pas manqué d’accourir ici.

— Il est peut-être blessé… ou, qui sait ? on l’a peut-être mis en prison comme complice des contrebandiers… et que dira-t-il, si on l’interroge ? Il parlera de Zig-Zag… de moi… de vous…

— C’est possible… mais qu’y faire ?

— Aller le voir… le prier de vous raconter ce qui lui est arrivé… Je ne sais pas où il est, mais je le saurai aujourd’hui, car je vais me faire conduire à la porte de Saint-Ouen et à la maison rouge… Je questionnerai les employés de l’octroi… les gens du quartier des Épinettes.

— Et vous vous compromettrez horriblement. Je vous en supplie, ma chère, renoncez à ce projet et si vous tenez absolument à ce que l’enquête soit faite, permettez-moi de m’en charger.

— Vous, Georges ! vous qui devez partir ce soir !…

— Je puis remettre mon voyage de vingt-quatre heures. Je préviendrai par une dépêche l’ami qui m’attend.

— Et je vous verrai demain. Oh ! alors, j’accepte votre