Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/261

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— Voilà !… je rentrais avec mon panier au bras et je venais d’ouvrir la porte de ma cuisine, quand j’ai senti comme un gros pavé qu’on m’aurait jeté dans les jambes… même que j’ai manqué de tomber, les quatre fers en l’air ; mais je me suis tenue après le battant… et j’ai vu la vilaine bête qui avait sauté du coup sur mon fourneau… elle s’est retournée contre moi et je n’ai eu que le temps de pousser la porte que je n’avais pas lâchée… si j’avais perdu la tête, le chien m’étranglait net… et il serait monté ici pour vous en faire autant.

Mais il ne s’échappera pas… la fenêtre est trop haute et j’avais eu soin de fermer les volets avant de partir en course.

Tenez ! entendez-vous la vie qu’il fait là-dedans ?

On entendait en effet des coups sourds et répétés.

— Saute, sale bête ! grommelait Brigitte. La porte est solide et tu t’aplatiras le museau.

Seulement, s’il continue, il va casser toute ma vaisselle. Comment faire, mon Dieu !

Camille, aussi embarrassée que la vieille bonne, regardait Georges de Menestreau qui semblait méditer sur ce cas imprévu.

— Si nous pouvions le museler et l’attacher, dit mademoiselle Monistrol, il nous ferait retrouver Zig-Zag.

— Recommencer l’expédition de l’autre nuit ! s’écria Brigitte, en levant les bras au ciel. Avec ça, qu’elle vous a bien réussi ! Cette fois, vous n’en reviendriez pas !

— Ce serait une folie, mademoiselle, dit enfin M. de Menestreau ; et d’ailleurs, vous n’atteindriez pas votre but, car je constate que ce chien ne possède pas les aptitudes miraculeuses que lui attribuait ce paillasse. S’il aimait tant son maître, il ne l’aurait pas quitté… et s’il est revenu