Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/262

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ici, ce n’est pas Zig-Zag qu’il y cherche, puisque Zig-Zag n’y est pas… à moins de supposer qu’il reconnaît tous les endroits où Zig-Zag a passé… et la supposition, serait absurde.

— Alors, comment expliquez-vous ?…

— De la façon la plus simple. Comme beaucoup de ses pareils, ce chien a la mémoire des lieux. Son maître l’aura chassé ou perdu volontairement… craignant sans doute que l’animal le fît reconnaître… un dogue ne peut pas se transfigurer comme un homme, et celui-là est connu de tous les saltimbanques… Zig-Zag, qui a dû se faire une nouvelle tête, ne voulait pas garder avec lui une bête qui doit jouir d’une grande notoriété dans les foires des environs de Paris. Il s’en est débarrassé, et l’animal a dû errer par les rues, cherchant sa nourriture. Il a fini par arriver place du Trône, où il avait séjourné ; en rôdant sur le boulevard Voltaire, il est passé devant la maison et il s’est rappelé qu’une fois il était entré là. La barrière était probablement ouverte… il n’a fait qu’un saut jusqu’à la cuisine…

— C’est bien possible, murmura Camille, qui n’était qu’à moitié convaincue.

— Et je suis d’avis de ne pas l’y laisser, conclut M. de Menestreau.

— Le lâcher, alors ?…

— Non pas. Je ne serais nullement surpris qu’il fût enragé, et quand même il ne le serait pas, il ne ferait pas bon se frotter à un animal de cette taille et de cette force.

— Pas moi, toujours, dit Brigitte entre ses dents.

— Qu’en ferons-nous donc ? demanda Camille.

— Ce que les agents de police font des chiens suspects. Il faut le tuer tout bonnement.