Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/263

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— Le tuer ! ce ne sera pas facile.

— Je m’en charge, mademoiselle. Depuis qu’il m’est arrivé des aventures, une nuit, dans la plaine Saint-Denis, j’ai toujours un revolver dans ma poche.

— Je ne veux pas que vous vous exposiez.

— Oh ! je n’entrerai pas dans la cuisine. Je le canarderai de loin… Les volets de la fenêtre doivent avoir des trous.

— Deux, fit vivement Brigitte : monsieur a là une fameuse idée.

— Eh bien, ma brave femme, conduisez-moi à la bonne place. Mademoiselle restera ici. Il est inutile qu’elle assiste à ce vilain spectacle.

— Je veux tout voir, répliqua mademoiselle Monistrol ; et je veux être au danger s’il y en a.

— S’il y en avait, je vous empêcherais de descendre, mais il ne peut y en avoir aucun. Venez, mademoiselle.

Brigitte se précipita dans l’escalier. Sa maîtresse la suivit et Georges ferma la marche.

En passant devant la cuisine, ils entendirent, non pas des aboiements, mais ces hurlements rauques, enroués, qui constituent un des symptômes caractéristiques de la rage.

— Ma chère Brigitte, dit M. de Menestreau, vous l’avez échappé belle. Si ce chien vous avait mordue, vous seriez morte dans des souffrances atroces.

— Ne m’en parlez pas, monsieur. Rien que d’y penser, j’en ai la chair de poule. Dépêchez-vous de le tuer.

Us sortirent tous ensemble, et Brigitte les mena devant les volets hermétiquement clos qui protégeaient la fenêtre de la cuisine.