Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/264

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


M. de Menestreau regarda par un des vasistas percés au bas des planches et dit :

— Je le vois. Diable ! il y a au moins six pouces d’intervalle entre les volets et les vitres. Le tir ne va pas être facile, d’autant qu’il ne fait pas très clair là-dedans.

Il n’avait pas achevé qu’un bruit de carreaux brisés le fit reculer.

Vigoureux l’avait vu ou l’avait senti et il s’était lancé à toute volée contre les vitres.

— Bon ! reprit Georges, ce sera plus commode.

Et il arma son revolver.

Le chien sauta encore et cette fois il parvint à se cramponner sur le rebord intérieur de la fenêtre. Le verre craqua sous l’effort de sa tête puissante, et le carreau était assez large pour qu’il y pût passer.

Il passa, en se déchirant et il vint montrer au trou du volet son mufle ensanglanté.

À cette apparition, Camille et Brigitte reculèrent d’effroi et, en vérité, il y avait de quoi.

La tête de Vigoureux passait à moitié par le trou du volet. Le poil hérissé, les yeux pleins de sang, la gueule ouverte, la bave aux dents, il poussait de toutes ses forces, en hurlant à donner le frisson.

Il regardait fixement M. de Menestreau qui n’avait pas bougé et qui le visait avec son revolver.

Le coup partit, et il était temps, car les volets ébranlés craquaient sous l’effort de la bête furieuse.

Elle jeta un cri de douleur, mais elle ne tomba point en arrière.

M. de Menestreau avait tiré de très près, et cependant la balle avait un peu dévié. Au lieu de briser le crâne de