Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/27

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élégantes qu’il avait invitées à faire la fête au grand Seize, avec d’autres garnements de son espèce.

Deux minutes après, ils arrivèrent tous les trois devant la palissade que le voleur avait franchie d’un seul bond. Pour le poursuivre, Camille avait dû ouvrir la barrière, et elle n’avait pas pris le temps de la refermer. Elle ne pouvait donc pas s’étonner de la trouver comme elle l’avait laissée, mais elle espérait vaguement y rencontrer son père, qui n’avait pas dû attendre patiemment, au coin du feu, qu’elle revint de l’expédition hasardeuse où elle s’était embarquée. Et non seulement Monistrol n’y était pas, mais aucune lumière ne brillait aux fenêtres de la maisonnette.

— Il sera sorti pour tâcher de me rattraper, il aura pris une fausse direction, et en ce moment il me cherche, Dieu sait de quel côté ! se dit la jeune fille pour se rassurer.

— Est-ce ici que vous demeurez, mademoiselle ? lui demanda Julien.

— Oui… venez ! répondit-elle en prenant les devants.

Elle courut tout droit à la porte de la maison, qui était restée ouverte comme la barrière et elle pénétra dans le vestibule. L’escalier était au fond, mais elle n’osa pas monter seule.

— Père, cria-t-elle d’une voix altérée, descends vite. C’est moi ; c’est Camille !

Personne ne répondit à son appel.

Gémozac et son camarade suivaient de près la jeune fille. Ils entrèrent presque en même temps qu’elle dans ce corridor où on n’y voyait goutte.

— J’ai peur, murmura Camille, en saisissant le bras de Julien.