Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/272

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— Je n’y tenais pas. Qu’est-ce que c’est que ce bonhomme-là ?

— Un beau garçon qui connaît madame depuis longtemps. Un ancien… et les anciens, ça ne compte pas.

— Il s’appelle Tergowitz, hein ?

— Tiens ! vous savez ça !

— J’en sais bien d’autres. Il se dit Hongrois, mais il ne l’est pas plus que moi.

— Je ne crois pas, répondit Olga en souriant. Mais je serais bien embarrassée de vous dire d’où il est.

— Et la baronne est née à Montmartre, dans une loge de portier ?

— Oh ! pour ça, non. Ses parents étaient très chics, et elle a étudié pour être institutrice. Mais elle a préféré cascader. Je vois qu’on peut tout dire à monsieur, parce que monsieur est à la coule… et, d’ailleurs, c’est dans l’intérêt de madame. Elle a eu des occasions superbes, et elle n’a pas su en profiter. Elle lâchait tout pour gouaper et elle a eu des hauts et des bas… plus de bas que de hauts. Pour une fois qu’elle tombe sur un homme sérieux, ça serait vraiment dommage qu’elle le perde… et ça finira pas là, si monsieur n’y met pas du sien.

— Elle est donc bien toquée de ce Tergowitz ?

— Il y a de ça… et puis, ils ont de vieilles affaires ensemble… des affaires que je n’ai jamais bien sues… ils ne peuvent pas se brouiller tout à fait… mais depuis deux jours, ça ne va pas… le torchon brûle.

— Pourquoi donc ? Est-ce que le Hongrois est jaloux ?

— Oh ! non… c’est madame qui est jalouse.

— Alors, il lui fait des traits.

— Elle n’en est pas sûre, mais elle s’en doute. Elle se figure qu’il fait la cour pour le bon motif à une jeune personne