Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/273

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très calée. Et elle ne veut pas de ça, parce qu’elle s’est fourré dans la tête d’épouser M. Tergowitz. C’est d’autant plus bête qu’elle est mariée.

— Ah ! bah !… et à qui ?

— À un pas grand-chose qu’elle a épousé parce qu’elle crevait de faim. Je ne sais pas comment il a le nez fait, car je ne voyais pas madame du temps qu’elle vivait en ménage. Mais je ne serais pas venue déranger monsieur pour lui raconter des choses qu’il sait aussi bien que moi ; je ne gagnerais pas mon argent. Je suis venue parce que, depuis ce matin, il y a du nouveau.

— Du nouveau ? dit Alfred. Est-ce qu’elle aurait pris un troisième amant ?

— Au contraire, répondit Olga. Elle ne veut plus en avoir.

— Ah bah ! elle a donc fait un héritage, cette nuit ?

— Ce n’est pas ça… Hier, après la visite de monsieur, madame a été de mauvaise humeur toute la journée, et quand elle est de mauvaise humeur, il n’y a pas moyen de l’approcher.

— J’en sais quelque chose. Elle a manqué me casser le nez avec son trapèze.

— Moi, elle m’aurait battue, si je m’y étais frottée. Mais j’ai eu soin de me garer. Le soir, elle n’a pas voulu dîner et elle m’a envoyée au cirque des Champs-Élysées…

— Tiens ! j’y étais.

— J’ai bien vu monsieur… avec un de ses amis qui est très joli garçon. Monsieur ne m’a pas vue, parce que j’étais aux secondes. Après le cirque, quand je suis rentrée, madame s’était barricadée dans sa chambre. J’ai frappé, elle ne m’a pas répondu et j’ai été me coucher.

— Ah ça ! est-ce que tu vas me raconter tes rêves ? Arrive au fait, ma fille, arrive au fait !