Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/274

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— Le fait, c’est que M. Tergowitz est venu vers deux heures du matin. Il a une clé…

— Comme moi ! C’est complet.

— Dame ! vous comprenez… il ne vient jamais que très tard, et, s’il était obligé de sonner, ça pourrait réveiller les voisins, et madame tient beaucoup aux apparences.

— C’est juste !… une comtesse !

— Enfin, cette nuit, je ne dormais pas. Je l’ai entendu monter l’escalier, et je l’ai entendu aussi se disputer avec madame… oh ! mais, là… une vraie engueulade… ils se sont dit des gros mots…

— Ce Hongrois me paraît avoir reçu une éducation négligée.

— Oh ! quand il veut, il est très comme il faut. Mais j’ai bien cru qu’il allait donner des coups à madame… et, pour sûr, je ne l’aurais pas laissé faire. Heureusement, ça n’a pas été jusque-là. Au bout d’une heure, ils se sont raccommodés.

— À mes dépens.

— Je sais que vous n’êtes pas jaloux, sans quoi je ne vous dirais pas tout ça. Et si je vous le dis, c’est pour en venir à ce qui s’est passé ce matin.

— Quoi donc ? Est-ce qu’ils ont mis le feu à la maison de mon oncle ?

— Non, Dieu merci ! M. Tergowitz est parti avant le jour, et madame m’a sonnée pour avoir son chocolat et ses journaux. En les lisant, elle a poussé un cri et elle a fait un mouvement si brusque, qu’elle a renversé sa tasse. Je lui ai demandé ce qu’elle avait. Vous croyez peut-être qu’elle m’a répondu ? Ah ! ouiche ! Elle a sauté en bas du lit et elle s’est mise à se promener en chemise à travers la chambre, en gesticulant et en parlant toute seule. J’ai cru