Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/275

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qu’elle devenait folle. Tout d’un coup, elle s’est jetée à sa toilette en me criant de lui apporter ses bottines, sa robe, son manteau, son chapeau. Et comme je n’allais pas assez vite, à son idée, elle m’a agonie de sottises.

— Aimable maîtresse que nous avons là !

— Enfin, monsieur, elle s’est habillée au galop, elle qui, ordinairement, y met deux heures et demie. Je lui ai demandé s’il fallait aller lui chercher un fiacre. — Non, j’irai bien toute seule. Fiche-moi la paix. — Madame rentrera-t-elle pour déjeuner ? — Je n’en sais rien. — Mais si M. de Fresnay vient tantôt ? — Tu lui diras : Zut ! de ma part.

Je demande pardon à monsieur de lui répéter des mots pareils.

— Comment donc ! mais je te remercie, au contraire. Au moins, je suis fixé. Maintenant, qu’est-ce que tu penses de tout ça, toi ? Est-ce que Stépanette aurait l’intention de me planter là ?

— J’en ai peur.

— Eh bien ! vrai ! je la regretterai. Elle me coûte très cher, mais elle m’amuse énormément.

— Et encore monsieur ne sait pas tout ce qu’elle vaut. Monsieur ne la connaît pas. Madame lui en a donné pour son argent, mais elle n’y a pas mis d’enthousiasme. Elle déteste qu’on la paie et elle n’aime que les gens qui l’exploitent.

— Alors Tergowitz vit à ses crochets ?

— Non. Je ne sais pas où il a gagné de l’argent, mais il en a.

— Je le sais, moi. Il est très heureux au jeu. Hier, au baccarat, dans un cercle où j’étais, il a mis à sec un de mes amis… celui que tu as vu avec moi, au cirque.

— Ça ne m’étonne pas.