Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/276

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


— Tu veux dire qu’il triche ?

— Il pourrait tricher, s’il voulait. Il fait tout ce qu’il veut de ses mains.

— Alors, je suis fixé. Et quand il tiendra les cartes, je ne risquerai pas cent sous contre lui.

Madame de Lugos a de jolies connaissances !

— Que voulez-vous ! Elle est toquée de cet homme-là. Et il la mettra sur la paille… à moins que monsieur ne la débarrasse de lui. Ce serait un vrai service à lui rendre.

— Je n’essaierai pas.

— C’est dommage ; car ce ne serait pas très difficile. Au fond, elle a du goût pour vous, et si vous la traitiez du haut en bas, au lieu de céder à tous ses caprices…

— Tu crois qu’elle me reviendrait ?

— J’en suis sûre et, si vous la rossiez un peu, elle vous adorerait.

— Ce serait drôle. Mais je n’ai pas les aptitudes nécessaires. Je préfère les moyens doux, et comme ils ne me réussiraient pas, je me résignerai à me retirer. Nous verrons ce qu’elle fera sans moi.

— Elle se remettra avec son homme… et elle tombera dans la misère.

— Pas du jour au lendemain… à moins qu’elle n’ait déjà dépensé tout ce que je lui ai donné.

— Ça, je ne crois pas. Elle serrait vos billets de banque dans une cassette qu’elle a vidée ce matin avant de partir. C’est même ce qui me fait croire qu’elle ne reviendra pas. Mais le magot sera bientôt mangé. Il est vrai qu’elle n’a pas tout emporté. Elle a laissé ses bijoux et ses toilettes. Si j’étais à la place de monsieur, je mettrais la main dessus. Ce serait toujours autant de sauvé.

— Pour qui me prends-tu ? Je ne suis pas de l’espèce