Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/277

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des Tergowitz, moi. Seulement, je ne serais pas fâché d’aller un peu passer la revue dans mon immeuble de la rue Mozart. Elle n’a pas tout emporté, et si la fantaisie lui vient d’y remettre les pieds, pendant que j’y serai, je pourrais causer avec elle.

— Monsieur ferait bien.

— Oui, mais pas maintenant, je n’ai pas déjeuné.

— Monsieur pourrait déjeuner là-bas. Je cuisine dans la perfection.

— Au fait, pourquoi pas ? s’écria Fresnay. Tu me ferais à déjeuner et tu me tirerais les cartes au dessert. Et si Stépanette revient au gîte, je voudrais voir sa tête, quand elle nous trouvera attablés ensemble.

— Elle me chassera, pour sûr, dit Olga ; mais je m’en consolerai, parce que je sais bien que monsieur ne me laissera pas dans l’embarras.

— Je te donnerai de quoi ouvrir un cabinet de consultations, et je t’enverrai toutes les grues de ma connaissance pour que tu leur dises la bonne aventure… j’en connais tant que tu feras fortune en six mois.

En attendant, voilà tes dix louis. C’est un commencement. Empoche, va me chercher un fiacre, monte dedans et attends-moi en bas. D’ici à vingt minutes, je serai prêt.

Olga fourra dans son corsage les deux billets bleus, et fila prestement.

Fresnay se mit à sa toilette. Ce colloque avec la femme de chambre l’avait réveillé tout à fait, et comme il aimait par-dessus tout l’imprévu, il se promettait de passer une bonne matinée à faire enrager la comtesse de Lugos, car il ne doutait pas qu’elle ne rentrât.

Même, il ne désespérait pas de la faire parler sur cet énigmatique Tergowitz, dont les allures et la personnalité