Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/278

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mystérieuse commençaient à piquer sa curiosité. Que ce soi-disant étranger fût un intrigant de la pire espèce, Fresnay n’en doutait plus, si tant était qu’il en eût jamais douté, et il n’avait pas meilleure opinion de Stépana. Mais il tenait à découvrir ce que machinait ce couple bien assorti, à seule fin de les empêcher, le cas échéant, de nuire aux honnêtes gens.

L’homme ne lui faisait pas peur, et de la femme, il se souciait comme d’une guigne.

Sa liaison avec elle n’était qu’une aventure de rencontre et il pensait que les plaisanteries les plus courtes sont aussi les meilleures.

Une de perdue, dix de retrouvées ; c’était sa devise.

Seulement, il tenait beaucoup à ne pas manquer une dernière occasion de s’amuser de sa comtesse excentrique.

Il s’habilla donc rapidement, et, après avoir dit à son valet de chambre qu’il ne rentrerait pas de toute la journée, il alla rejoindre Olga, qu’il trouva cantonnée dans une voiture de place.

Il ne se priva pas de la questionner pendant qu’ils roulaient vers Auteuil, mais il la trouva moins disposée à lui faire des confidences sur sa maîtresse.

Olga jugeait sans doute qu’elle en avait assez dit pour deux cents francs. Peut-être aussi se repentait-elle déjà d’avoir quelque peu trahi madame de Lugos. Elle connaissait les hommes sérieux, c’est-à-dire les entreteneurs, et elle savait fort bien que tel qui feint de prendre philosophiquement les infidélités, est furieux d’avoir été trompé et ne pardonne jamais les traits que sa maîtresse payée lui a faits.

— Enfin, demanda-t-il, où demeure ce Tergowitz ? En dehors de la maison de mon oncle, il doit avoir un domicile, que diable !