Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/279

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— Oui, certes, répondit Olga, mais je ne sais pas où.

— Tu le connaissais pourtant, je suppose, avant d’entrer au service de la comtesse ?

— Oh ! pas beaucoup… et je ne le voyais pas souvent.

— Est-ce qu’ils habitaient Paris, lorsqu’ils vivaient ensemble ?

— Je ne crois pas. Ils ont beaucoup voyagé.

— Ça ne m’étonne pas. Stépana doit avoir été saltimbanque.

— Oh ! monsieur, quelle idée !

— Une idée qui viendra à tous ceux qui la verront faire du trapèze. Elle est de première force. Et ce talent d’agrément n’est pas très répandu parmi les demoiselles de bonne maison. Du reste, je ne lui en voudrais pas du tout d’avoir dansé sur la corde. J’ai toujours aimé les artistes.

Mais, dis-moi… ! quel âge a-t-elle ?

— Monsieur sait bien qu’une femme n’a jamais que l’âge qu’elle paraît avoir.

— Elle a l’air jeune, c’est incontestable. Mais avoue qu’elle se teint. J’ai surpris l’autre jour sur sa toilette un jeu de fioles…

— Toutes les femmes se teignent, par le temps qui court.

— Je ne l’en blâme pas. Le roux vénitien lui va dans la perfection. De quelle couleur était-elle autrefois ?

— Je crois bien qu’elle était brune.

— Oui, ça doit être. Elle a le teint pâle et les yeux d’un noir d’enfer. Quand il lui plaira de changer de nationalité, elle n’aura pas de peine à se faire passer pour une Espagnole.

Elle est Française, hein ?