Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/281

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Un journal déplié était resté étalé sur un bonheur du jour et semblait avoir été jeté la par une main impatiente.

L’idée vint à Fresnay que c’était dans cette feuille que madame de Lugos avait lu la nouvelle qui l’avait transportée de colère.

Il ramassa le journal et il se mit à le parcourir dans l’espoir d’y trouver le passage dont la lecture avait bouleversé la comtesse.

— Qu’est-ce que ça peut bien être ? se demandait Fresnay, en examinant rapidement la première page du journal. Voyons… il y a en tête une chronique d’un monsieur très ennuyeux… évidemment, Stépanette ne l’a pas lue… après, c’est le compte rendu des Chambres… Stépanette ne s’occupe pas de politique… les nouvelles du Tonkin… elle s’en soucie fort peu… du reste, elle a laissé le journal ouvert à la deuxième page… c’est probablement là qu’il faut chercher.

Et il se mit à parcourir les faits divers : une longue série d’accidents de voitures, de vols, d’incendies, de morts subites et autres sinistres qui ne l’intéressaient guère. Rien qui pût se rapporter à madame de Lugos ou à M. Tergowitz.

Seulement, il s’aperçut qu’on avait enlevé avec des ciseaux un morceau de la dernière colonne, comme le font les rédacteurs qui veulent emprunter un article ou une nouvelle à un confrère, et ce découpage était, à n’en pas douter, l’œuvre de la comtesse.

Si elle avait pris tant de peine, exaspérée et pressée comme elle l’était, ce ne pouvait être que pour montrer à Tergowitz un passage qui le concernait ou qui la concernait, elle.

Donc, elle était sortie pour aller chez son amant de