Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/294

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— C’est bon, je m’en vais, dit Olga d’un ton beaucoup moins insolent.

Elle regarda le baron dans l’espoir qu’il allait la soutenir, mais le baron ne bougea pas, et elle se résigna à sortir, en se promettant bien de se venger et de leur servir plus tard un plat de son métier.

— À nous deux, maintenant, monsieur, dit madame de Lugos.

— Pourquoi ces airs tragiques, chère amie ? demanda Fresnay sans s’émouvoir. Une scène à propos d’œufs brouillés, c’est ridicule, en vérité… car je ne suppose pas que ce soit une scène de jalousie… je n’ai pas assez mauvais goût pour vous préférer votre femme de chambre, et, en votre absence, j’ai cru bien faire en lui commandant mon déjeuner… je mourais de faim…

— Vous n’êtes pas venu ici pour déjeuner… vous êtes venu pour m’espionner.

— Oh ! ma chère ! de quoi m’accusez-vous là ? Vous savez bien que je vous ai toujours laissé votre liberté pleine et entière. Je suis venu pour vous parler du cheval que vous m’avez demandé… je sors du Tattersall, et…

— Je n’ai que faire de votre cheval ni de vous.

— Ah ! mon Dieu ! auriez-vous l’intention de m’abandonner ?

— Je pars. Je quitte la France.

— Pour aller en Hongrie ?

— Probablement.

— Rejoindre votre vieil ami, M. Tergowitz ?

— Que vous importe ?

— Rien. Seulement il me semblait l’avoir vu hier à Paris, dans un cercle.