Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/30

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


comme pour repousser une vision hideuse, puis elle retomba anéantie.

— Elle a un transport au cerveau, murmura Gémozac, qui se servait, sans la comprendre, d’une expression très usitée.

Il n’était pas docteur et il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il fallait faire en pareil cas.

— Tu ramèneras aussi un médecin, dit-il à son ami Fresnay, qui répliqua avec humeur :

— Pourquoi pas une garde-malade, pendant que tu y es ! Ma parole d’honneur, je crois que tu perds l’esprit. Quelle mouche te pique pour que tu veuilles à toute force te mêler d’une affaire qui ne nous intéresse ni l’un ni l’autre.

— Parle pour toi. Tu n’as pas entendu que le père de cette jeune fille était depuis quelques jours l’associé du mien… et qu’on l’a tué pour lui voler une somme qu’il venait de toucher ce matin à la caisse de la maison Gémozac ?

— Qu’en sais-tu ? Ta protégée est à moitié folle et je ne comprends rien à sa chasse au saltimbanque.

— Assez ! je ne veux pas discuter près de son lit. Suis-moi.

Julien prit le bougeoir, descendit au salon et dit au sceptique Alfred, en éclairant le cadavre :

— Tu ne nieras pas du moins qu’on l’a étranglé. Regarde son cou. Les doigts de l’assassin y ont laissé une empreinte assez profonde.

Alfred se baissa, examina le cadavre avec plus de curiosité que d’émotion, se redressa et dit :

— Les doigts ? Dis donc les griffes. Ce n’est pas une main d’homme qui a fait ces marques noires sur les deux