Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/306

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Olga, car c’était elle qu’il venait de rencontrer, Olga, qui d’abord n’avait pas pris au sérieux les histoires que l’enfant lui débitait, fut frappée de ce détail et se souvint que, le matin même, la prétendue comtesse de Lugos s’était levée comme une folle, après avoir jeté un coup d’œil sur son journal.

Olga venait en ce moment de la maison de la rue Mozart. Elle s’en allait, chassée honteusement de cet hôtel où elle avait pu se flatter un instant de remplacer sa maîtresse, et elle ne rêvait que vengeance.

Georget, qui avait de plus sérieuses raisons d’en vouloir à la fausse Hongroise, se trouvait tout à point sur le chemin de la ci-devant somnambule qui songea immédiatement à utiliser cette rencontre.

— Ah ! s’écria-t-elle, tu m’en diras tant que je finirai par te croire. Et comme je n’aime pas ces gueux-là, je ne serais pas fâchée qu’il leur arrivât du désagrément. Mais pour ce qui est de leur faire couper le cou, tu te fais des illusions, mon garçon. On ne guillotine par les gens pour avoir enfermé un homme et un enfant dans une cave. Ça vaut tout au plus six mois de prison.

Olga s’y connaissait, ayant eu jadis, pour son propre compte, quelques démêlés avec la justice.

— Ils ont fait pis, répliqua Georget sans réfléchir que cette confidence allait le mener plus loin qu’il ne l’aurait voulu.

— Quoi donc ? demanda avec empressement la tireuse de cartes. Est-ce qu’en quittant la baraque, ils ont emporté la caisse du patron ?

— Le patron n’avait pas de caisse, vu qu’il a fait faillite et que, le père et moi, nous nous sommes trouvés sur le pavé.