Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/309

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hasard lui fournissait un moyen inespéré de se venger sans se compromettre.

Georget n’était pas moins heureux qu’elle, et il croyait déjà tenir les bourreaux de son père, qui se seraient très probablement dérobés à ses recherches, s’il n’avait pas eu la chance de rencontrer Olga.

Il fut un peu étonné de voir qu’elle prenait la rue de la Roquette, comme il se proposait de le faire pour aller chez mademoiselle Monistrol, et qu’au milieu de cette rue qui aboutit à la place où on exécute les criminels, elle tournait à droite, par le boulevard Voltaire.

Où allait-elle ainsi ? Et comment l’affreuse Amanda avait-elle eu l’audace de se faire conduire dans le quartier où son amant Zig-Zag avait commis un crime épouvantable ?

Olga avançait toujours et Georget apercevait déjà la maisonnette où il avait dîné avec son père avant de partir pour cette expédition qui avait si tristement fini.

Il marchait le nez en l’air, afin de ne pas perdre de vue la tireuse de cartes et tout à coup il trébucha sur un obstacle.

Le corps d’un chien mort gisait en travers du trottoir et Georget qui avait butté contre cette charogne, poussa un cri si fort qu’Olga se retourna et revint sur ses pas en le voyant donner des signes d’agitation et presque de frayeur.

— Qu’as-tu donc ? lui demanda-t-elle.

— C’est Vigoureux, balbutia l’enfant, c’est le dogue de Zig-Zag.

— Tiens ! c’est vrai, dit Olga en se penchant pour examiner la carcasse ensanglantée de Vigoureux ; je reconnais cette sale bête qui mordait tout le monde. Une fois,