Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/310

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elle m’a déchiré avec ses crocs une robe toute neuve. Dieu merci, elle ne mordra plus personne.

— On l’a tuée à coups de pistolet, murmura Georget. Ce n’est pas Zig-Zag qui a fait cela. Il tenait trop à son chien.

— Tu ne vois donc pas qu’il était enragé ? Il a encore la bave à la gueule.

— Mais comment est-il venu ici ?

— Est-ce que je sais ? Son maître a travaillé sur la place du Trône. Vigoureux le cherchait peut-être et un passant lui aura cassé la tête. Vas-tu pas le plaindre ?

— Non, mais j’ai peur que Zig-Zag ne soit pas loin.

— Bah ! il ne te mangera pas… s’il te tenait entre quatre murs, tu passerais un mauvais quart d’heure, mais dans la rue, il ne te dira rien… N’empêche que je ne me soucie pas de le rencontrer. Laisse là cette charogne et avance avec moi jusqu’à cette voiture qui stationne là-bas et qui me fait l’effet d’être le fiacre où j’ai vu monter Amanda.

— Quoi ! là-bas, devant cette palissade en bois ?

— Oui. Qu’est-ce qu’il y a d’étonnant ?

— C’est l’entrée de la maison où Zig-Zag a étranglé un homme.

— Ah ! bah !… Mais non, tu dois te tromper.

— Je ne peux pas me tromper… je la connais… j’y suis entré avec mon père.

— Et… elle est habitée, cette cassine ?

— Oui… la fille de l’homme que Zig-Zag a tué y demeure encore.

— Seule ?

— Avec une vieille servante.

— Tiens ! tiens ! et Amanda vient la voir !… c’est drôle.

— Qui sait si elle ne vient pas pour la tuer aussi, murmura