Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/311

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Georget, en frissonnant à la pensée que sa protectrice était en danger de mort.

— Quant à ça, rassure-toi, petit. Amanda s’est fait accompagner par un monsieur qui n’est pas un brigand comme Zig-Zag. Et je veux que le diable m’emporte, si je devine pourquoi elle l’a amené.

C’est égal… ça vaut la peine d’y regarder de près ; attends-moi un peu ici, pendant que je vais vérifier le numéro du fiacre.

Georget, profondément troublé, la laissa avancer et la vit s’approcher de la voiture, examiner les chiffres peints sur les lanternes, puis rebrousser chemin.

— C’est bien le même, dit-elle à l’enfant qui l’interrogeait des yeux. Amanda est en visite dans la maison, et si tu la manques, ce sera bien de ta faute.

— Non, car elle partira en voiture et je ne pourrai pas la suivre à pied.

— Tu n’as pas besoin d’attendre qu’elle sorte. La barrière n’est pas fermée. Entre carrément et tombe sans crier gare au milieu de la visite. Tu verras le nez que fera cette gueuse, quand elle verra apparaître ta binette. Elle est habillée en dame, maintenant, et elle a teint ses cheveux en rouge, mais tu la reconnaîtras tout de même… et elle te reconnaîtra encore mieux. Alors, appelle-la par son nom d’Amanda et demande-lui des nouvelles de Zig-Zag. Je te promets que tu riras. Et n’aie pas peur du monsieur qui est avec elle. Il prendra ton parti, je t’en réponds.

— Je ne le crains pas… je ne crains rien… que de faire de la peine à la personne qui demeure là.

— La fille de l’homme que Zig-Zag a estourbi ? Elle te remerciera, au contraire, car elle doit tenir à venger son père autant que tu as envie de venger le tien. Et, de plus,