Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/312

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je parierais volontiers qu’Amanda machine quelque chose contre elle.

Du reste, mon garçon, c’est à toi de faire pour le mieux. Je t’ai conduit à la remise du gibier que tu chasses. Maintenant, je ne m’en mêle plus. Ça te regarde.

Moi, je m’en vais et je compte que tu ne parleras pas de moi, n’importe comment ça tournera là-dedans.

Je vais quitter Paris pour me mettre à l’abri des éclaboussures ; j’y reviendrai, peut-être, quand Zig-Zag et Amanda seront coffrés…, mais si jamais tu me rencontres, tu sais, petit… ni vu ni connu…

Au plaisir de ne pas te retrouver et bonne chance !

Ayant dit, Olga passa de l’autre côté du boulevard et fila au pas accéléré vers la place du Trône.

Elle avait mis le feu à la mèche et elle ne songeait plus qu’à se garer de l’explosion.

Elle laissait Georget dans un grand embarras. Il ne demandait pas mieux que de démasquer l’odieuse Amanda et de faire prendre Zig-Zag, mais il hésitait beaucoup à entrer brusquement chez mademoiselle Monistrol.

Il ne savait pas du tout où elle en était et il craignait fort d’arriver mal à propos ; il craignait surtout de troubler le repos de sa bienfaitrice et de lui causer une émotion trop vive, en la forçant à assister à une scène violente.

Et puis, que dire en présence de ce monsieur qui escortait Amanda et qui n’était peut-être pas des amis de mademoiselle Monistrol ?

Il fallait, cependant, prendre un parti, et Georget, avant de se décider, voulut essayer de s’introduire sans bruit dans l’enclos, dont la maisonnette occupait le centre.

Il se glissa le long des clôtures et reconnut que le cocher du fiacre dormait sur son siège.