Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/314

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Après le départ de M. de Menestreau, Camille était tombée dans une sorte de découragement. Elle avait pris l’existence en dégoût et elle voyait l’avenir sous des couleurs sombres, plus encore que le lendemain de la mort de son père.

Depuis ce malheur, tout tournait contre elle. Le meurtrier lui avait échappé. Ceux qui la secondaient avaient mal fini. Courapied était mort tragiquement, et si les journaux disaient la vérité, Georget était en prison. Ceux qui s’intéressaient à elle l’abandonnaient : les Gémozac se retiraient : la mère ne voulait plus la voir ; le père était parti froissé et il paraissait douteux qu’il revint ; le fils, blessé dans son amour-propre, allait céder la place à son rival.

Enfin, Brigitte elle-même désapprouvait évidemment le choix qu’avait fait sa maîtresse en la personne de M. de Menestreau et refusait nettement de la suivre en Angleterre.

Et, pour compenser toutes ces défections, il restait à mademoiselle Monistrol l’amour de Georges de Menestreau,