Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/316

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— Quoi ! l’enfant est mort aussi ! murmura Camille.

— Il a survécu quelques heures à ses blessures, mais elles étaient si graves qu’il n’a pas passé la journée. On l’a enterré ce matin. Je tiens tous ces détails du commissaire de police qui a dressé le procès-verbal.

— Morts tous les deux !… morts pour moi ! répétait la jeune fille qui avait les larmes aux yeux.

— Quoi ! vous croyez encore qu’ils se sont dévoués pour vous ? Que faut-il donc pour vous persuader que ces drôles sont allés retrouver leur complice Zig-Zag !

— Jamais je ne me déciderai à admettre qu’ils m’ont trahie. Si c’est une illusion que je me fais, laissez-la moi. Il me serait cruel de la perdre.

— Dieu me garde de vous affliger, mademoiselle, s’écria Georges. Je ne vous parlerai plus jamais d’eux. Mais souffrez que je vous parle de moi, car je n’ai plus que quelques instants à passer avec vous. Je viens de recevoir une dépêche de Londres qui m’oblige absolument à partir ce soir, et… vous l’avouerai-je ?… je n’espère plus vous revoir.

— N’avez-vous pas ma parole ?

— Oui, mademoiselle, et je ne doute pas que vous n’ayez l’intention de la tenir. Mais que va-t-il se passer, après mon départ ? Vous êtes entourée de personnes qui ne me veulent aucun bien et qui ne manqueront pas de me calomnier…

— Quelles personnes ?

— Mais, quand ce ne serait que M. Gémozac… il veut vous garder pour son fils, à cause de votre fortune… qui l’empêche de vous dire qu’on lui a donné sur moi les plus mauvais renseignements ?… Je ne serai plus là pour me défendre.