Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/319

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— Tu oses me renier, misérable ! Répète-moi donc en face que tu n’es pas mon amant ! Je t’en défie !

— Monsieur, vous me rendrez raison de cette scène… C’est vous qui l’avez provoquée, s’écria Georges…

— Tais-toi, scélérat ! reprit la fausse Hongroise. Est-ce qu’on se bat avec un homme de ton espèce ? Ce n’est pas de la main d’un baron que tu mourras. Oh ! tu as beau me faire les gros yeux. Je sais ce qu’il m’en coûtera de te dénoncer, mais ça m’est égal. Ah ! tu m’as bernée ! Ah ! tu veux me lâcher au moment où tu pourrais m’épouser, puisque depuis hier, je suis veuve ! Eh bien ! tu finiras sur la guillotine, assassin !… oui, assassin !… voleur !…

— Oh ! oh ! grommela Fresnay, en feignant la surprise.

— Vous ne saviez pas ça, vous, lui dit la Lugos ; vous croyiez que cet homme n’était qu’un intrigant… je vais vous l’apprendre, moi, ce qu’il est. Il a commencé par voler son père qui en est mort de chagrin… il a triché au jeu… il s’est fait saltimbanque pour échapper aux gendarmes qui le cherchaient… je l’ai connu sur les planches, et j’ai été assez bête pour me toquer de lui… j’aurais mieux fait de me pendre… au moins je ne serais pas crevée à la centrale, comme ça va m’arriver… et s’il n’y avait que cela ! mais le reste !… vous le devinez, le reste… Si vous aviez été moins bêtes, vous et votre ami Gémozac, il y a quinze jours que Zig-Zag serait coffré.

— Zig-Zag ! murmura mademoiselle Monistrol, en interrogeant des yeux le visage de Georges de Menestreau qui dit en haussant les épaules :

— Cette femme est folle.

— Gredin ! s’écria la fausse comtesse. Nous allons voir si je suis folle. Regardez-moi, mademoiselle ; vous ne me