Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/52

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pas à la besogne et qui soignait bien le petit ! Ah ! c’est pas lui qui regrettera Amanda ! Elle ne lui faisait que des misères, la gueuse, et j’étais assez lâche pour ne pas oser la rosser ! Et quand Zig-Zag tournait autour d’elle, je n’y voyais que du feu ! Fallait-il que je sois serin !… Ils ont filé ensemble et elle a emporté le magot… trois cents francs que j’avais amassés sou par sou. C’est bien fait… je n’ai que ce que je mérite.

Le pauvre diable pleurait à chaudes larmes.

Cette douleur sincère toucha mademoiselle Monistrol, mais elle ne lui fit pas oublier Zig-Zag. L’occasion était bonne pour se renseigner sur ce misérable qui tuait, qui volait et qui enlevait la femme de son camarade. Camille songeait déjà à se faire du mari trompé un auxiliaire utile et elle reprit vivement.

— Je vous plains de tout mon cœur et je voudrais vous aider à retrouver les coupables… car je suppose que vous n’allez pas les laisser en paix ; et, moi aussi, j’ai un compte à régler avec Zig-Zag.

— Oui, grommela le pitre, ça se peut bien tout de même qu’il ait tué votre père, car il est capable de tout… et je ne demanderais qu’à le voir monter sur la guillotine… mais les juges sont si bêtes !… ils l’ont lâché une fois, ils le lâcheraient encore, quand même je remettrais la main sur lui… et je n’aurai pas cette chance-là…

— Vous pouvez toujours le chercher ?

— Et gagner notre pain ! Le petit ne vit pas de l’air du temps, ni moi non plus. Notre patron a fermé boutique. Il doit à tout le monde. La maringotte est saisie, et la baraque, les costumes… tout… quoi ! Je vas tâcher de nous faire engager quelque part Georget et moi. Mais j’aurai du mal, vu que la foire finit après-demain.