Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/53

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— Comment vous appelez-vous, mon ami ? demanda brusquement Camille.

— Jean Courapied… quarante-cinq ans… né entre Paris et Amiens…

— Tenez-vous à continuer le métier que vous faites ?

— Je n’en sais pas d’autre. Mon père était escamoteur et ma mère disait la bonne aventure. Je suis un enfant de la balle.

— Mais si on vous assurait une bonne existence… à vous et à votre fils… une existence moins pénible… et plus régulière ?

— Ça ne serait pas de refus… surtout si je pouvais faire donner de l’instruction au petit… Malheureusement, je n’ai pas encore rencontré de bourgeois disposé à m’adopter et à me faire des rentes.

— Le bourgeois, ce sera moi.

— Vous, ma p’tite dame ! ça m’irait comme un gant, mais qu’est-ce qu’il faudrait faire pour ça ?… Vous allez me dire que je suis bien curieux. Je ne suis qu’un paillasse et je ne devrais pas faire le difficile. Et pourtant, si on me proposait une canaillerie… je refuserais… quand ce ne serait qu’à cause de Georget.

— Je l’espère bien. Si je ne vous prenais pas pour un brave homme, je ne m’adresserais pas à vous.

— Enfin, de quoi est-ce qu’il retourne ?

— Vous ne le devinez pas ? Mon père a été assassiné et j’ai juré de le venger. La justice a laissé échapper l’assassin. Je ne veux pas qu’il m’échappe. Je n’ai fait que l’entrevoir, mais vous le connaissez, vous…

— Zig-Zag ? Ah ! je vous crois que je le connais. Voilà dix-huit mois qu’il roule avec nous. Mais… savoir si c’est lui qui…