Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/54

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— J’en suis certaine. Après le crime, j’ai couru après lui et je l’ai vu entrer dans la baraque, par cette petite porte…

— C’est vrai qu’il avait la clé… mais il a juré qu’il n’était pas sorti pendant la représentation… Moi, je savais bien qu’il mentait… Seulement, je croyais qu’il était allé se rafraîchir chez le marchand de vins… et je n’ai pas voulu lui faire arriver de la peine… Ah ! si j’avais pu me douter qu’il allait me voler Amanda !…

— Eh bien ! si vous consentez à me servir, nous le rattraperons, et, quand nous le tiendrons, je me chargerai de prouver qu’il a commis le vol et le meurtre. Acceptez-vous ?

— Je ne dis pas non. Mais je ne réponds pas de le repincer. Il est malin, et s’il a de l’argent, il n’a pas dû moisir à Paris.

— Écoutez-moi !… je suis riche et rien ne me coûtera pour le retrouver. Vous et votre enfant vous allez commencer par changer de costume. Il faut que vous soyez vêtu convenablement, afin qu’on vous prenne pour un bourgeois qui arrive de la province avec son fils. Vous louerez un logement dans un hôtel modeste et vous y descendrez avec un bagage suffisant. Vous achèterez aujourd’hui des habits et des malles. Je demeure tout près d’ici, dans une maison que je vous montrerai, mais il est inutile que vous habitiez ce quartier où vous pourriez être reconnu.

Vous viendrez me voir quand vous serez installé et vous commencerez aussitôt vos recherches. Bien entendu, je payerai tous ces premiers frais et je vous remettrai chaque mois trois cents francs pour vos dépenses, jusqu’à ce que nous ayons réussi. Après, je vous procurerai