Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/58

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— Lui ? pas si bête ! Toutes les troupes font les mêmes foires. Nous le rencontrerions à celle de Neuilly ou à celle de Saint-Cloud, et il n’a pas envie d’être repincé par le patron et par moi. D’ailleurs, Amanda en a assez du métier.

— Alors, que sont-ils devenus ? Auraient-ils passé à l’étranger ?

— Non. Amanda aime trop Paris. J’ai dans l’idée qu’ils vont tâcher tous les deux de se lancer dans la haute. Elle se fera cocotte et lui se faufilera dans des sociétés d’intrigants bien mis… s’il peut… ça dépendra de l’argent qu’il a. Combien vous a-t-il volé ?

— Vingt mille francs.

— C’est vingt fois plus qu’il ne lui en faut pour changer de peau. Et ce ne sera pas long… trois ou quatre jours, pas davantage.

— Mais d’ici là ?

— D’ici là, ça ne m’étonnerait pas qu’il se soit réfugié dans un garni… ou dans une cité… par là, du côté de Clichy ou de la route de la Révolte… Amanda connaît les bons endroits… il n’y a pas mieux pour se cacher… jusqu’à ce qu’on ait des frusques neuves… et c’est pas difficile de s’en procurer dans ce quartier-là… chez le petit père Rigolo, qui vous habille un homme des pieds à la tête en moins d’un quart d’heure…

— Eh bien ! nous irons chercher Zig-Zag là où vous croyez qu’il est.

— Vous, mademoiselle ? Ah ! non, par exemple !… vous n’en reviendriez pas… c’est tout au plus si j’oserais m’y risquer… et je n’y emmènerais pas Georget… tenez ! quand on parle du loup… le v’là, mon Georget.

Camille tourna la tête et aperçut l’enfant qu’elle avait