Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/61

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Le chien, sans s’arrêter, se précipita sur la baraque, trouva immédiatement un endroit où la cloison ne touchait pas le sol, gratta la terre avec ses grosses pattes pour élargir le trou, s’y glissa en s’aplatissant et disparut derrière les planches.

— Georget ! cria Courapied, vite !… une corde et une courroie !

L’enfant ne demanda point à son père ce qu’il voulait faire de ces accessoires. Il avait compris tout de suite.

Il courut aux chevaux qui paissaient tout près de là, tira un couteau de sa poche, coupa la corde qui les attachait au timon de la maringotte, défit un des licous et alla immédiatement se poster à genoux, près du trou par lequel le chien s’était glissé dans la baraque.

Mademoiselle Monistrol assistait, ébahie, à ces préparatifs et ne devinait pas du tout dans quel but le pitre avait donné à son fils ces ordres bizarres. Elle l’interrogea d’un coup d’œil et il répondit en se frottant les mains :

— Nous avons de la chance.

— Comment cela ? balbutia Camille.

— Vigoureux nous conduira chez Zig-Zag.

— Quoi ! ce vilain bouledogue ?

— Il est mâtiné de braque et il n’a pas son pareil pour suivre une piste. On l’emmènerait à dix lieues qu’il retrouverait le chemin de sa niche. Et la preuve, c’est qu’il vient probablement de l’autre bout de Paris et qu’il est arrivé ici tout droit.

— Bon ! mais s’il aime tant son gîte, il n’en voudra plus sortir.

— Croyez donc pas ça, mademoiselle. Vigoureux fait les commissions. Son maître l’envoyait tous les jours chez le boucher, avec un panier dans la gueule et de l’argent