Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/62

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dans le panier. Il laissait prendre l’argent quand le boucher l’avait servi et il rapportait la viande sans y toucher. C’est cette gueuse d’Amanda qui l’a dressé.

— Eh bien ? demanda Camille qui ne comprenait pas encore.

— Eh bien, parions que Zig-Zag a oublié quelque chose dans la cabine où il s’habillait… quelque chose qu’il tient à ravoir… et il a lâché son chien en lui disant : « apporte ! » ça suffît. Il a une manière à lui de lui frotter le museau par terre et de lui montrer la direction qu’il faut prendre. Vigoureux part comme une balle et il ne se trompe jamais.

— Qu’il aille où on l’envoie, c’est possible, à la rigueur. Mais qu’il puisse reconnaître l’objet qui manque à son maître, j’en doute.

— Ah ! ce n’est pas ça qui le gêne. Il sent tout ce que Zig-Zag a touché.

— Père, dit à demi-voix Georget, je l’entends. Il démolit le plancher là-dedans… avec ses dents et avec ses pattes.

— Parce que la cachette est dessous. Laissons-le faire. Il va reparaître avec l’objet. Ce sera le moment de l’arquepincer. Ouvre l’œil, petit !

La recommandation était superflue. Collé contre la cloison, comme un terrier qui guette un rat au bord d’un trottoir, l’enfant tenait le licou dans une main, la boucle dans l’autre, tout prêt à museler la bête, au risque de se faire couper les doigts d’un coup de gueule.

Mademoiselle Monistrol, de plus en plus étonnée, aurait bien voulu questionner encore, mais Courapied lui fit signe de se taire. L’instant décisif approchait et il s’agissait de ne pas effaroucher Vigoureux, qui aurait pu rebrousser