Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/63

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chemin en entendant du bruit et sortir par le devant de la baraque.

Mais Vigoureux ne croyait pas avoir besoin de ruses. Il avait reconnu Courapied et Georget, et probablement Zig-Zag lui avait appris à faire peu de cas de ces deux pauvres diables. Il voulut donc sortir par où il était entré, et bientôt son mufle épaté apparut au bord du trou. Mais il eut plus de peine à passer, parce qu’il tenait entre ses dents une espèce de coffret, ou plutôt une boite longue et plate ; il la tenait par une poignée d’acier plantée au milieu du couvercle, et il poussait de toutes ses forces pour se faire jour.

— Hein ! qu’est-ce que je vous disais ? s’écria Courapied. Les fait-il, les commissions ? Mais pour celle-là, nisco !… Attention, Georget ! c’est le moment, ne le manque pas, et prends garde de te faire mordre.

Georget manœuvra avec adresse et précision. Il glissa vivement le licou sous le museau du chien, fit faire à la courroie trois ou quatre tours bien serrés et boucla solidement l’ardillon. Ce fut fini en un tour de main.

Vigoureux aurait bien voulu se servir de ses crocs, mais, pour mordre, il eût été obligé de lâcher la boîte, et Vigoureux était fidèle à sa consigne.

Quand il se sentit muselé, il essaya de rentrer dans la baraque, mais Georget avait sa corde toute prête ; sans perdre une seconde, il la passa dans l’anneau du collier que le bouledogue portait au cou, et il se mit à tirer tant qu’il put.

Vigoureux tirait en sens contraire, et il était plus fort que ce gamin de douze ans.

— Tiens bon, mon fieu ! cria le père en se précipitant à son aide.