Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/86

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— Ils ne t’ont pas reconnue ?

— Ça, non, j’en suis sûre.

— Bon ! maintenant, qu’est-ce c’est que ces deux citoyens-là ?

— Le plus petit s’appelle Alfred de Fresnay ; il est baron et il me fait l’effet de ne penser qu’à s’amuser. Il s’est allumé sur moi et il va me courir après, c’est sûr. Celui-là n’est pas dangereux, mais je me défie de l’autre, le grand blond. Il n’a pas dit grand-chose, et il n’a fait que me regarder tout le temps.

— Sais-tu son nom ?

— Parbleu ! Je ne suis montée que pour le savoir, et je rapporte des renseignements complets… Julien Gémozac, fils de M. Gémozac…

— Le Gémozac qui a une usine sur le quai de Jemmapes ?… il doit être riche à millions.

— Oui, et de plus il était l’associé du père de la petite. Comme ça se trouve, hein ? Le fils qui tombe justement à la foire au pain d’épice, le soir de l’affaire !… Le plus drôle, c’est qu’elle est très riche, la fille Monistrol… Son père a inventé je ne sais quoi, et l’invention rapportera beaucoup d’argent.

— C’est bon à savoir.

— Attends, je n’ai pas fini. Cette douce enfant a juré de venger son papa. Elle offre sa main à qui découvrira l’homme qui a fait le coup. Et Julien Gémozac a bonne envie de gagner le prix. Nous voilà avertis.

— Je ne les crains pas.

— Ni moi non plus. Ils ne seront pas plus malins que le juge d’instruction. Mais il y a cette brute de Courapied. Il nous reconnaîtrait, lui, s’il nous rencontrait, et tu peux