Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/93

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— Ce soir, il suffira que je le voie. Quand je l’aurai reconnu, je sais ce qu’il me restera à faire.

— Le voir sans qu’il nous voie, j’ai peur que ça ne soit pas très commode. Vous pensez bien qu’il ne se montre pas dans les endroits publics. Et s’il loge en garni, il ne fera pas bon monter chez lui.

— Le principal c’est que je sache où il est et si le chien nous y conduit, comme vous l’espérez…

— Oh ! ça, j’en réponds… à moins que Vigoureux ne s’échappe en route… et il ne s’échappera pas… la corde est solide et j’ai bonne poigne ; il nous mènera tout droit au gîte de son maître. C’est quand nous en approcherons que les difficultés commenceront. En attendant, ça me chiffonne de laisser partir la boîte… si je pouvais la casser à coups de marteau, nous verrions ce qu’elle a dans le ventre.

— Pas moyen, père. Elle est doublée en acier, dit Georget. Mais nous pourrions assommer Vigoureux et après…

— Tu lui en veux, parce qu’il t’a mordu souvent. Ça m’irait aussi de l’exterminer. Seulement, sans lui, nous ne repincerions jamais cette canaille de Zig-Zag. C’est vrai que si nous réussissions à ouvrir le petit coffre, nous y trouverions probablement ses papiers…

— Et autre chose avec, père. S’il n’y avait que des papiers, ça ne ferait pas de bruit quand Vigoureux se secoue.

— Des fausses clés, peut-être, ou un couteau catalan. Je lui en ai connu un dans le temps… et je n’ai jamais su ce qu’il en avait fait.

Camille écoutait, en fronçant le sourcil, ce dialogue entre le père et le fils.

— Vous avez donc peur de cet homme ? dit-elle froidement.