Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/94

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— Mais, mademoiselle… il y a de quoi, murmura Courapied.

— C’est bien. J’irai seule. Ce chien me guidera. Je suis assez forte pour le tenir en laisse.

— Et je souffrirais ça ! Faudrait que je sois bien lâche. Ce que j’en disais, voyez-vous, c’était parce que ça me crève le cœur de ne pas garder la boîte. Mais il y aura peut-être moyen de tout arranger. Une fois que nous saurons où Zig-Zag s’est terré, si vous ne tenez pas à entrer, nous pourrons ramener Vigoureux, et comme nous n’aurons plus besoin de lui, je me payerai le plaisir de le pendre avec sa laisse.

En attendant, Courapied lui lança un coup de pied dans les côtes et le dogue se leva en poussant des grognements étouffés. En même temps, Georget défit le lien qui l’attachait au pied de la table et remit le bout de la corde à son père.

Il y eut alors une bataille entre l’homme et la bête, mais Vigoureux, solidement muselé, n’était pas très redoutable. Il eut beau se cabrer et se ruer sur Courapied, force lui fut de se remettre sur ses quatre pattes. Il recommença alors à tirer sur sa chaîne de chanvre pour gagner la porte.

— Voyez ! il ne demande qu’à marcher, dit Courapied. Nous n’avons plus qu’à le suivre, et il va nous mener bon train.

Camille embrassa Brigitte, qui avait le cœur gros, et lui dit avec le sang-froid d’un soldat partant pour monter à l’assaut :

— Si je n’étais pas rentrée avant le jour, tu irais prévenir M. Gémozac, quai de Jemmapes, 124, et tu lui dirais ce qui s’est passé ici ce soir. Il ferait ce qu’il faudrait pour qu’on me retrouvât.