Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/95

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— Oh ! mademoiselle, s’écria Courapied, ça n’arrivera pas ce que vous dites là. Pensez donc que nous sommes trois. Zig-Zag ne nous escamotera pas tous les trois comme des muscades… quoiqu’il travaille aussi dans cette partie-là. Il file la carte comme pas un et il ferait sa fortune au bonneteau, s’il n’avait pas de meilleurs tours dans son sac. Mais il ne s’agit pas de ça… s’il y a un mauvais coup à recevoir, ce sera pour moi… et je n’ai pas peur de mourir, parce que je suis sûr que vous auriez soin du petit.

— Il ne me quittera jamais, quoi qu’il arrive, dit Camille. Mais je ne veux pas que vous risquiez votre vie… et vous ne la risquerez pas cette nuit, car nous nous bornerons à une simple reconnaissance. Du reste, si nous étions obligés de nous défendre, j’ai un revolver sous ma blouse, et je saurais m’en servir.

Brigitte leva les bras au ciel, en entendant cette déclaration belliqueuse. La brave femme savait que Camille ne craignait rien au monde, mais elle ne s’était jamais figuré que Camille ferait, au besoin, le coup de pistolet.

— Mademoiselle, reprit Courapied, c’est le moment de nous mettre en route. Plus nous tarderons et plus nous aurons de mauvaises chances contre nous. Zig-Zag ne doit pas loger dans les beaux quartiers, et s’il s’est caché du côté des fortifications, il ne fait pas bon, par là, après minuit…

Mademoiselle Monistrol embrassa Brigitte, qui pleurait sans mot dire, et sortit en faisant signe à ses nouveaux amis de la suivre.

Elle avait pris la tête de la petite troupe qui partait en guerre contre l’affreux Zig-Zag, mais elle reconnut bientôt la nécessité d’intervertir l’ordre de marche.