Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/96

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L’itinéraire n’était pas fixé, puisqu’on ne savait pas où on allait. Il fallait donc s’en rapporter à Vigoureux, et Courapied, qui le tenait en laisse, devait logiquement passer le premier.

Ainsi fut fait, quand la colonne se forma sur le boulevard Voltaire. On décida même que le mari d’Amanda marcherait seul, un peu en avant, et cela par la raison qu’il était vêtu comme un bourgeois aisé, et que les passants pourraient s’étonner de le voir flanqué d’un ouvrier en blouse et d’un gamin en livrée de fantaisie.

Camille et Georget restèrent donc à l’arrière-garde, et, habillés comme ils l’étaient, ils pouvaient aller côte à côte sans qu’on les remarquât.

La question qui les intéressait tous, c’était de savoir quelle direction le dogue allait prendre.

Vigoureux n’hésita pas une seconde. Il se mit à descendre le boulevard avec un élan que Courapied eut toutes les peines du monde à contenir.

Jamais limier, approchant d’une enceinte où s’est remisé un sanglier, ne tira avec plus de force sur sa longe, tenue par un valet de chiens.

Bien en prit à l’ancien pitre d’avoir du biceps.

Du reste, il n’y avait personne pour assister à ce départ et rien n’empêchait Camille et Georget d’échanger leurs impressions.

— Elle sait bien où elle va, la sale bête, murmura Georget.

— Je le crois, dit Camille, et son maître ne doit pas être loin d’ici.

— Savoir, mademoiselle ! Zig-Zag serait à Versailles que Vigoureux le sentirait tout de même. Tenez ! l’an passé, nous faisions la Picardie… on l’avait enfermé dans